Quand la majorité redéfinit le rôle de l’opposition…
Dans le dernier numéro de Trait d’Union, la majorité municipale consacre quelques lignes à l’opposition. Un passage qui mérite réponse …
Nous y lisons qu’« être dans l’opposition ne doit pas signifier s’opposer systématiquement », et qu’il conviendrait désormais d’adopter une attitude « responsable », faite « d’échanges argumentés » et de « propositions concrètes ».
Sur le principe, nous sommes d’accord.
Mais encore faudrait-il que ces échanges existent réellement.
Depuis le début du mandat, plusieurs faits ont malheureusement démontré l’inverse :
- refus d’accorder un local de travail à l’opposition, malgré les droits prévus par le CGCT ;
- espace d’expression encadré de manière restrictive ;
- et plus généralement une conception de la démocratie locale où la contradiction semble souvent perçue comme une gêne plutôt que comme une richesse.
Rappelons un point essentiel : dans une démocratie, l’opposition n’est pas un décor.
Elle contrôle, questionne, alerte, propose et représente une partie des habitants.
Lorsqu’une opposition saisit le tribunal administratif pour faire respecter un droit reconnu par la loi, ce n’est pas une preuve d’irresponsabilité.
C’est parfois simplement le dernier recours lorsqu’aucun dialogue réel n’a permis d’aboutir.
Être constructif ne signifie pas se taire.
Être responsable ne signifie pas renoncer à exercer pleinement son mandat.
La démocratie locale ne se résume pas à demander à l’opposition d’être sage…
Elle commence par le respect de la loi par la majorité !
Nous continuerons donc à travailler sérieusement, à formuler des propositions, à analyser les décisions prises pour la commune et à défendre une autre vision de la vie municipale. Avec fermeté, mais toujours dans le respect des personnes et des institutions.
Le débat démocratique ne s’affaiblit pas lorsqu’il existe une opposition active.
Il s’affaiblit lorsqu’on cherche à la délégitimer.



Le texte, contre l’opposition, présenté dans la tribune du trait d’union par « Continuons Baccarat Autrement », tente sous couvert de responsabilité et de dialogue de neutraliser toute forme de contestation réelle. C’est une vision qui réduit l’opposition à un simple rôle de consultant bénévole pour la majorité.
Cet article, comme celui de présentation de la 1ere adjointe dans l’Est Républicain, affirme que l’opposition doit proposer des solutions concrètes. Le rôle d’une opposition n’est pas de corriger à la marge les projets de la majorité avec laquelle elle est en désaccord, mais de contester la direction de ces projets.
Il ne faudrait pas « s’opposer systématiquement. » Pourtant, face à une gestion qui va à l’encontre de l’intérêt général l’opposition n’est pas une posture, c’est un devoir démocratique.
Il ne s’agit pas d’apporter des idées au service d’un système présumé défaillant (voir les conclusions de la Chambre Régionale de la Cour des Comptes Grand-Est) mais de construire un rapport de « force » pour en changer les fondements.
Les élus de « BACCARAT POUR VOTRE AVENIR » ont raison de rejeter ce rôle d’opposition utile, qui n’est qu’une forme de soumission polie. Il faut qu’elles et ils soient une opposition qui pourra servir l’avenir de notre ville.